NOUVEL OBSERVATEUR (LE)


NOUVEL OBSERVATEUR (LE)
NOUVEL OBSERVATEUR (LE)

NOUVEL OBSERVATEUR LE, hebdomadaire

Un des plus importants newsmagazines français, Le Nouvel Observateur est l’héritier de L’Observateur politique, économique et littéraire , dont le premier numéro, tiré à 20 000 exemplaires, paraît le 13 avril 1950 sous la direction de Claude Bourdet et Roger Stéphane. Premier hebdomadaire politique, L’Observateur va être concurrencé par L’Express , dont le premier numéro paraît le 16 mai 1953. Il connaît deux changements de titre successifs, L’Observateur aujourd’hui puis, en 1954, France-Observateur . Comme L’Express , il va militer en faveur de l’indépendance algérienne dès 1954 et soutenir les mouvements de décolonisation. En 1958, il s’oppose au retour du général de Gaulle. Hebdomadaire d’opposition, il voit son tirage augmenter, ce qui lui permet d’élargir son équipe rédactionnelle (Olivier Todd, Michèle Cotta, Claude Julien), d’introduire plus largement des illustrations, évoluant ainsi vers une forme plus attractive. Mais la fin de la guerre d’Algérie marque le déclin de ces hebdomadaires d’opposition. En 1964, France-Observateur est dans une très mauvaise situation: conflit interne à la rédaction, perte de lecteurs, absence de projet journalistique. L’Express connaît des difficultés similaires, et Jean-Jacques Servan-Schreiber opte pour le changement total de formule, sur le modèle des news américains comme Time , ce qui provoque le départ de la rédaction, dont Jean Daniel. Celui-ci va alors entamer des négociations avec France-Observateur , Claude Perdriel y étant associé comme partenaire financier.

Le 12 novembre 1964, France-Observateur publie son dernier numéro, et le 19 c’est la première livraison du Nouvel Observateur , tiré à 50 000 exemplaires. La nouvelle équipe, autour de Jean Daniel et Gilles Martinet, manifeste une volonté réelle de changement tant dans la maquette que dans le contenu et le ton des articles. Situé résolument à gauche, le journal va soutenir François Mitterrand dans sa volonté de restructurer la gauche française non communiste à travers la F.G.D.S., le Parti socialiste et le Programme commun. Sur le plan social et culturel, il devient une référence; se montrant très attentif à tout événement survenu dans ces domaines, il acquiert aussi une large audience chez les intellectuels et chez les jeunes. En 1969, il dépasse les 200 000 exemplaires. Malgré une crise en novembre 1972, sa croissance se poursuit. Le volume du journal augmente, le format change, et en 1973 est introduite la formule du dossier hebdomadaire qui fait la «une». Sa capacité à suivre « l’esprit du temps» explique son succès (450 000 exemplaires). En mars 1977, Claude Perdriel lance un nouveau quotidien, mais l’équipe de l’hebdomadaire refuse de s’associer à ce projet. C’est vers cette période que les positions de l’hebdomadaire, en particulier vis-à-vis des mouvements révolutionnaires du Tiers Monde, évoluent avec la dénonciation de leurs excès et le soutien actif apporté aux mouvements d’aide humanitaire. Il va permettre l’évolution des intellectuels vers une plus grande lucidité à l’égard des idéologies dominantes.

L’élection de François Mitterrand à la présidence de la République en 1981 modifie sa position d’opposant, et un certain flottement va se manifester dans la stratégie à adopter. Cela va provoquer une nouvelle crise, en 1984: perte de lecteurs, et donc de recettes publicitaires. Un plan de relance, sous la férule de Claude Perdriel (qui a vendu Le Matin de Paris , dont la parution est suspendue), est mis en œuvre en 1985 tant sur le plan financier que rédactionnel. Jean Daniel reste directeur général de la rédaction, Franz Olivier Giesbert et Serge Lafaurie sont directeurs de la rédaction. L’hebdomadaire voit sa situation redressée: la diffusion remonte à 340 000 exemplaires (dont 30 p. 100 réservés aux abonnés) et la diversification télématique est source de recettes. Le lectorat, plutôt aisé, jeune (cadres et professions libérales), intellectuel et cultivé, intéresse les annonceurs. La recomposition du paysage politique français atteint la presse, et c’est ainsi que F. O. Giesbert quitte Le Nouvel Observateur à l’automne de 1988 pour Le Figaro ; il est remplacé par Laurent Joffrin qui vient de Libération . S’adaptant à l’esprit du temps, ce newsmagazine, avec son supplément TéléObs , s’est ouvert à de nouveaux sujets (sciences, médecine, urbanisme, etc.) qui sont systématiquement traités sous la rubrique Notre Époque. Aux éditoriaux qui lui sont régulièrement donnés par son directeur J. Daniel s’ajoutent enfin ceux de Françoise Giroud, François Furet et Claude Roy.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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